Samedi 27 octobre 2007 6 27 /10 /Oct /2007 23:30

Le prix Nobel de la paix 2007 revient à Al Gore pour son engagement en faveur de la sauvegarde de la planète. Mais il s’agit d’une sauvegarde particulière, puisqu’il s’agit principalement de la sauvegarde écologique de la planète.

Bien sûr que l’écologie est un sujet trop important pour que l’on n’en parle pas, bien sûr que l’écologie est un sujet trop grave pour qu’on l’ignore, bien sûr que l’écologie est un sujet qui ne nous concerne que trop pour qu’il soit négligé, néanmoins son impact sur la stabilité du monde, sur le respect des libertés et des dignités de chacun est assez limité. Certes, et c’est tout à fait vrai, le réchauffement climatique accentuera, à terme, le phénomène d’inégale répartition des ressources et entraînera des rivalités, des tensions (comme c’est déjà parfois le cas, notamment concernant l’eau au Moyen-Orient) et sûrement des conflits.

Néanmoins d’autres combats qui nous concernent plus directement, qui nous touchent plus universellement, sont menés pour le maintien d’une paix possible dans le monde et une stabilité internationale à tous les niveaux. Les récemment évènements l’attestent. La sanglante répression au Myanmar, la question des Droits de l’Homme en Chine, les combats pour la liberté d’expression en Russie ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres qui illustrent ces chimères des temps modernes.

Qu’il est loin le temps où le prix Nobel de la paix récompensait l’acharnement, le courage, l’abnégation et surtout la volonté de quelques uns qui avaient décidés de braver les humiliations et les interdits, qui avaient eu la force de tendre une main. Qu’il est loin le temps où le prix Nobel de la paix récompensait la réconciliation et le pardon, les investissements personnels ou collectifs en faveur de la paix ; qu’il était symbolique à tous points de vue. 1926 : Briand et Stresemann, 1971 : Willy Brandt, 1973 : Kissinger et Lê Duc Tho, 1983 : Lech Walesa, 1988 :  les Casques bleus, 1990 : Mikaïl Gorbatchev, 1993 : Nelson Mandela et Frédérik de Klerk, 1994 : Yasser Arafat, Shimon Peres et Rabin, 1998 : Hume et Trimble. Voilà des Nobel de la paix où le mot paix prend tout son sens car il s’agissait véritablement de combat pour la sauvegarde de la paix, combat que certains comme Rabin, par exemple, payèrent de leur vie

Or depuis quelques années déjà, le réchauffement climatique et les problèmes environnementaux sont devenus non seulement des sujets d’actualités mais égalemment des sujets d’inquiétude. Et depuis quelques années la lutte contre le réchauffement climatique et les problèmes environnementaux est à l’honneur. Sans doute parce qu’il s’agit d’une menace collective : à terme toute la population mondiale sera concerné par un déréglement climatique qui paraît être un phénomène normal du cycle terrestres mais surtout par le manque de ressources naturelles.

Alors que certaines solutions existent, notamment dans l’industrie automobile, la volonté manque. Chaque marque automobile a déjà conçus son propre moteur non plus hybride, mais fonctionnant avec des carburants naturels. Seulement le remplaçement des chaînes de montages présentent des coûts exhorbitants pour des entreprises qui ne cherchent qu’à faire que plus de bénéfice chaque année. Enfin, tant que les grandes puissances, qui polluent le plus, et principalement les Etats-Unis, la Chine et l’Allemagne (premier pays pollueur d’Europe derrière ses politiques écologiques)ne feront pas d’efforts, les problèmes environnementaux resteront les fléaux des temps modernes.

Et le prix Nobel de la paix ne récompensera sûrement plus que les associations et les leaders des causes écologiques, au détriment de ceux qui se battent véritablement pour la paix. Car les problèmes environnementaux, comme dit précedemment, sont une menace collective. Et nous nous soucions plus de ce qui nous touchera un jour que de ce qui touche certains d’entre nous.

Comme le disait quelqu’un qui mérite le prix Nobel de la paix, non seulement pour son engagement pour l’écologie (visiblement devenue condition sinequanone), mais surtout pour sa volonté de préserver la paix : « La maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Par Pierre Olivier Eglemme
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  • : Je suis un jeune social démocrate du Bas Rhin, adhérent au Mouvement des Jeunes Socialistes, délégué au Collectif Fédéral du MJS 67 et président honoraire de la sensibilité Convergences Réformistes Bas-Rhin.
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