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En 1963, dans le célèbre discours qu’il prononça lors de sa visite de Berlin, le président Kennedy déclarait à propos du mur : « (…) une offense non seulement à l’histoire, mais aussi à l’humanité, en séparant les familles, maris et femmes, frères et sœurs, et en divisant un peuple qui souhaite uni. (…) ». Cette phrase résume à elle seule la situation actuelle de la ville de Jérusalem, pourtant si lointaine de Berlin, de ses habitants, pris entre deux nations, et des deux peuples qui se la disputent.
En juin 1967, lors de la guerre des Six Jours, les forces armées israéliennes s’emparèrent de la vieille ville et la Knesset décréta unilatéralement la réunification de la ville entière et, en 1980, Jérusalem fut déclarée « capitale éternelle » d’Israël. Cette décision fut prise alors que Jérusalem comprenait de nombreux quartiers palestiniens et qu’elle était une ville sainte, non seulement pour les Chrétiens et les Juifs mais aussi qu’elle constituait, avec Médine et La Mecque, un des trois lieux sacrés de l’islam.
Quarante ans après, la proposition du vice-Premier ministre israélien de restituer les quartiers arabes de Jérsualem aux Palestiniens apparaît comme un pas vers la paix et la réconciliation.
Déjà lors de l’échec des négociations de Camp David en 2000, le président Bill Clinton avait proposé une souveraineté palestinienne dans les zones peuplées en majorité de Palestiniens et une souveraineté israélienne dans les zones peuplées en majorité d’Israéliens. Ce principe de division de Jérusalem avait été acceptée. Déclarée « ville ouverte », elle serait la capitale de deux Etats, « Yerushalaim, capitale d’Israël, et Al Quods, capitale de l’Etat de Palestine ». En revanche les deux parties s’accordaient à reconnaître leur souveraineté sur leurs lieux saints respectifs, mais la délimitation du mur des Lamentations posa problème, et cette résolution n’aboutit pas. Du moins jusqu’à aujourd’hui.
Aujourd’hui, en contre partie de ses concessions, Israël souhaite la reconnaissance par la communauté internationale, et plus particulièrement par les Etats arabes voisins, de sa souveraineté sur les quartiers juifs de Jérusalem ainsi que de la reconnaissance de l’existence de Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu.
Passé en soixante ans d’existence du statut d’assiégié à celui d’assiégiant, lassé des conflits meurtriers (durant l’été 2006 la guerre du Liban fit 114 morts dans les rangs israéliens)et inutiles, menacé de destruction par le président Ahmadijenad, critiqué sur la scène internationale, si Israël veut désormais inaugurer un processus de paix et de réconciliation ; si désormais Israël et Palestine sont tous deux prêts à des concessions pour arriver à un consensus de paix ; si enfin le Proche-Orient ne veut plus apparaître comme une terre mêlée de sang et de larmes, il est du devoir des grandes puissances et des institutions internationales d’encourager la mise en place et l’aboutissement de négociations. Car les conflits dans cette zone ne pourront réellement se résoudre que si Israël et Palestine, deux Etats ennemis fraternels, donnent l’exemple. Qu’il est facile pour deux cultures de cohabiter sur une même terre.
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